JEPSC-large(Re)politiser les discours sur la photographie

7 décembre 2015 à Paris Diderot – Paris 7
salle 265E, Halle aux Farines

Avec la participation de Jorge Ribalta, président de séance invité

Cette journée d’étude a pour objectif de faire découvrir, dialoguer et se confronter les travaux de jeunes chercheur·e·s européen·ne·s, avec la volonté de croiser des approches de différentes disciplines.

Si l’histoire de la photographie s’est sensiblement développée dans le contexte universitaire français depuis une quarantaine d’années, plutôt rares sont les travaux qui ont analysé les images, les usages ou les pratiques de la photographie comme des lieux investis par le politique. L’étude de la photographie a pourtant su être un outil puissant pour repenser les discours sur l’art. Elle serait en mesure, avec la même charge critique, de porter des questionnements d’ordre plus directement politique.

A travers les huit communications présentées, nous tenterons de penser les rapports entre photographie et politique au-delà de stricts usages de l’un par l’autre (photographie engagée, photographie de propagande…). On peut considérer la photographie comme plus largement sous-tendue, informée, investie par des pratiques et des catégories politiques – qu’il s’agisse de constructions idéologiques, d’enjeux de visibilité et de représentation, ou des manières dont le pouvoir s’exerce, s’actualise et se conteste dans et par les pratiques culturelles.

L’un des enjeux de la journée sera ainsi d’aller au-delà d’une réflexion sur la photographie comme ensemble de phénomènes politiques, afin de réfléchir à la pertinence d’approches politisées. Il s’agira également d’entamer une réflexion sur la façon dont les redéfinitions du politique peuvent aujourd’hui nourrir et renouveler les approches académiques de la photographie.

(Re)Politicizing discourses on photography

December 7th, 2015, to be held at Paris Diderot-Paris 7, France
salle 265E, Halle aux Farines

With Jorge Ribalta, keynote speaker

This symposium will bring together young researchers, representing various fields of research and various European perspectives.

The history of photography has been the object of increasing interest amongst French academics over the past 40 years, and yet to this day there are relatively few works that consider the political investment inherent in photographic images, uses, and practices. The study of photography has undeniably proven to be a powerful tool for reshaping discourses on art. It could also, and with the same critical drive, address more directly political questions.

Through their interventions, the 8 selected researchers will reflect on the interaction of the photographic and the political beyond simple appropriation of one by the other (politically-committed photography, propaganda, etc…). The practice of photography, considered in this light, is more generally underlain, informed and invested by political categories and practices – be they ideological constructions, questions of visibility and representation, or the various ways in which power is exerted, contested or actualized in cultural practices.

One of the goals of this symposium will thus be to move from looking at photography as a network of political phenomenona to considering the relevance of politicized approaches. We would also like to open a conversation on how contemporary redefinitions of “the political” could enrich and reinvigorate academic approaches to photography.

PROGRAMME DE LA JOURNEE D’ETUDE :

accueil des participant.e.s (9h15)
9h30: introduction par Jorge Ribalta

Photographies d’auteur et mise en scène des rapports de production
10h: Jeroen Verbeeck (KU Leuven/LGC)
Allan Sekula’s Ship of Fools / The Dockers’ Museum (2010-2013): (Re)constructing a Phenomenology of Waterfront Labor

10h30: Agneta Jilek (Academy of Visual Arts of Leipzig/GC)
Picturing the Workers’ State: The Representation of Female Work in the Artistic Photography of the 1980s in the GDR

Etudier la photographie en système capitaliste
11h30: Clément Paradis (UJM Saint-Etienne/CIEREC)
La photographie au risque de la philosophie de la praxis

12h: Guillaume Blanc (Paris 1 Panthéon-Sorbonne/ED 441/HiCSA)
Capitalisme, morale et photographie dans la France de la croissance (1945-1975)

~ Pause déjeuner (12h30-14h) ~

Photographie et configurations d’identités collectives
14h: Karine Chambefort-Kay (Université Paris-Est Créteil/IMAGER)
The framework of social identities as a means to re-politicize discourses on photography. The case of British photography between 1990 and 2010

14h30: Maude Oswald (UNI Lausanne/Section d’histoire et esthétique du cinéma)
“Je, Nous, Ils/Elles“, les figures humaines de l’après-Katrina. Repenser les notions de distanciation et d’identification dans la photographie de la Nouvelle-Orléans

Politiques institutionnelles de la photographie
15h30: Fabienne Huard-Hardy (ENAP Agen/CIRAP)
Tentatives d’analyse du rôle de la photographie dans la réforme pénitentiaire de l’entre-deux-guerres au travers du fonds photographique Henri Manuel conservé à l’Enap (Agen)

16h: Emmanuelle Bruneel (CELSA Paris-Sorbonne/GRIPIC)
Les représentations de l’altérité dans la communication sur la « diversité » : pour une sémiopolitique des représentations photographiques

Table-ronde avec tou.te.s les participant.e.s (16h30-17h30)